Les sangliers sont de moins en moins farouches

Logeant dans les forêts proches de lotissements mais aussi dans des zones comme
les réserves naturelles ou les parcelles non bâties, leurs fréquentes visites dans les
jardins de riverains peuvent poser de gros problèmes. Sans parler des risques de
sécurité sur les routes proches.

La commune de Neupré en est bien consciente, mais que faire en pratique ?

Quelques explications :

La ville de Seraing, dont le tiers de la surface est constitué de bois (soit 1.300
hectares), a interdit la chasse pendant plus de 25 ans afin de ne pas troubler la
quiétude des promeneurs ! La chasse est aujourd’hui rétablie sur seulement la moitié
de ses bois et dans des conditions très strictes qui limitent la marge de manœuvre
des chasseurs.

A Neupré, le bois de Gérardchêne et la forêt domaniale de Nomont sont loués à un
chasseur. La responsabilité de la commune n’est pas engagée.
Elle ne peut donc être tenue pour responsable des dégâts causés par les sangliers
et a d’ailleurs toujours été mise hors de cause par le Juge de Paîx qui traite ces
matières.
La commune de Flémalle loue pour sa part ses bois communaux à un chasseur afin
de réduire la population de sangliers.

Elle a fortement augmenté pour plusieurs raisons.
D’abord, à cause du réchauffement climatique ; les spécimens les plus faibles ont
survécu aux hivers.
L’utilisation plus répandue du maïs est un autre facteur important.
Enfin, il y a de moins en moins de zones de chasse là où l’urbanisation gagne du
terrain (pour la sécurité des personnes, la chasse n’est pas autorisée aux abords des
habitations, là où parfois les sangliers vivent.)
Paradoxalement, ce sont les riverains qui demandaient, voici trente ans, qu’on
supprime la chasse près de leurs habitations qui réclament qu’on l’autorise
aujourd’hui.
Les composts très en vogue sont autant de garde manger pour nos envahisseurs. Ils
sont en effet riches en lombrics qui sont une source de protéines pour les sangliers.

Sous le Ministre Happart (PS) le nombre de jours de chasse était passé de 270 à 90
jours, ce qui laissait une paix royale aux sangliers.
Monsieur Carlo Di Antonio (Cdh), Ministre de l’Agriculture, de la Ruralité, de la
Nature, de la Forêt et du Patrimoine prépare un projet de 25 mesures visant à réduire
de moitié la population de sangliers dans les prochaines années.

Pour Neupré en particulier, les cahiers de charge de divers lotissements prévoient
que les propriétaires ont l’obligation de clôturer leur propriété pour y empêcher
l’incursion de tout gibier.

La commune de Neupré a également passé un accord avec le locataire de chasse
des bois « dits » de Cockerill afin de poser une clôture parallèle à l’avenue de la
Chevauchée afin de protéger cette zone. Cela a été fait.

Les sangliers ne sont pas des animaux domestiques, même s’ils deviennent de
moins en moins farouches ; ne les nourrissons pas !
Une bonne cohabitation s’impose donc.

Anne-Catherine Evrard-Carbonnelle