l’Homme au centre des enjeux de société.

Ouvrir la voie du développement humain

Discours de Benoît Lutgen
Président du cdH

Louvain-la-Neuve, samedi 27 avril 2013

Chères amies,
Chers amis,

Jeunes ou aînés – hommes, femmes – chômeurs, travailleurs – isolés, séparés ou
en famille, nous sommes tous les enfants d’une crise, une crise historique. Comme
peu d’autres auparavant, notre génération a non seulement la tâche immense mais
aussi la chance de construire un monde nouveau.
Ne tournons pas autour du pot. Certains implorent la relance de la consommation
pour que la machine reparte comme avant. C’est tout simplement délirant.
Il faut arrêter de balader les gens. Le modèle matérialiste actuel est à bout de
souffle. Ne rien changer, attendre que ça reparte comme avant (mais bien sûr !), ce
n’est plus possible. Le malin génie, la poudre de Perlimpinpin, laissons cela aux doux
rêveurs et aux spéculateurs. Vous en voulez encore vous, de cette spirale infernale
du surendettement privé et public, de ce modèle ultra-consumériste qui nous fait
péter des bulles financières à la figure ?
Nous ne pouvons plus vivre au-dessus de nos moyens budgétaires, humains, de nos
ressources naturelles. Nous ne pouvons plus continuer comme ça, à vivre à crédit.
Nos enfants et nos petits-enfants méritent d’autres héritages que des
reconnaissances de dette. La crise du crédit est d’ailleurs le signe d’une
hypocrisie sans nom. Qui s’endette pour acheter quoi et à qui ? Productivisme
et consumérisme vont de pair, comme libéralisme et socialisme. Je ne veux
plus de cette représentation matérialiste du bonheur : je consomme, je
possède, donc je suis. Ce n’est pas le « bonheur si je veux », c’est du « bonheur »
à crédit, un « bonheur » qui n’a plus le goût des autres.

Sans complaisance, regardons aussi la situation de notre pays. La Belgique a mal à
la tête en permanence. Et il y a de quoi avoir la migraine. Entre populisme et
austérité, entre nationalisme et individualisme, notre pays se cherche difficilement un
chemin. Que de temps et d’énergie consacrés à cette nouvelle réforme de l’Etat !
Quel pays d’Europe peut encore se payer le luxe de passer tant de temps à des
réformes communautaires ? Ces réformes sont engagées, elles doivent être menées
à terme, et très rapidement. Mais de grâce, maintenant concentrons-nous sur les
vrais enjeux : l’emploi, l’éducation, la santé, la mobilité…

Et l’Europe ? Elle est à la ramasse, à mille lieues encore de cette Europe fédérale
forte à laquelle nous aspirons tous. Les plus jeunes ne connaissent que l’écho d’une
Europe technocratique, une Europe des directives et des réglements. Est-ce là le
projet que nous voulons leur offrir ? L’Europe du bâton budgétaire, des normes et
des contraintes doit céder la place au projet d’une Europe humaine, porteuse
d’espoir et de sens.

***

Chers amis,

• Pour vous donner une idée de la répartition des richesses, j’ai demandé aux
éclairagistes de mettre en lumière 2% d’entre vous. Car 2% de la population
mondiale détient 50% des richesses planétaires. Les autres restent dans
l’ombre, comme 98% de l’humanité.

• Quel sens donnons-nous au mot partage quand on voit que certains gagnent
400 fois plus que d’autres ?
• 230 milliards d’euros (févr. 13), c’est ce que les Belges ont épargné. Et pourtant
tant de PME et d’entrepreneurs voient les banques, qui gèrent cet énorme
capital, refuser de financer des projets créateurs d’emplois.
• 1 Belge sur 4 se sent seul voire très seul.
• 89.000 pages de réglementations serrées ont été publiées au Moniteur pour la
seule année 2012. Ce chiffre peut paraître anecdotique mais il est le symbole
d’une complexité sans nom. Une complexité qui vire à l’opacité et donc, pour
moi, au déni de démocratie. La sur-réglementation de la vie en société est aussi
le signe évident de cette crise de confiance qui mine nos relations humaines.
• Chez les 15-24 ans, 1 jeune sur 3 est en détresse psychologique – et il y a,
chaque année en Belgique, 20.000 tentatives de suicide et 2.000 décès (2 fois
cette salle).
Tout cela et j’en passe, le PIB – le fameux produit intérieur brut, la richesse
produite en un an par un pays – ne le dit pas. Ce monde-là tourne à rebours de
l’Humanité. Persister dans cette voie, c’est porter une très lourde
responsabilité. Il y a urgence. Avec vous, je veux proposer un nouveau cap.

***
Chers amis,
Cette nouvelle voie, c’est le développement humain.

Le développement humain, c’est l’homme qui tend la main. Ce sont les femmes
et les hommes qui prennent leur destin en main, dans toutes les dimensions
de la vie : sociale, créative, intellectuelle et spirituelle. C’est l’homme qui voit
loin pour lui-même mais aussi pour les autres.

Le développement humain, c’est rendre aux femmes et aux hommes la place qui leur
revient. L’être humain n’est pas une machine folle ni une particule fondue dans un
système. Livrer l’homme à lui-même ou l’abandonner à l’Etat, ce ne sont pas des
options. C’est juste une question de dignité humaine. L’homme n’a vocation ni à la
solitude ni à la dépendance !
Notre ambition est d’ouvrir une nouvelle voie pour permettre à chaque être humain
de construire du bonheur. Le développement humain, c’est un projet qui libère toutes
les créativités dans tous les domaines économiques, culturels, sociaux…
Le développement humain, c’est l’humanité en marche.

Pour répondre aux défis démographiques, sociaux, éducatifs, économiques…
nous avons besoin de croissance, mais pour nous, la véritable croissance ne se réduit pas
à la croissance économique. La véritable croissance, c’est la croissance de la qualité
de vie. Au PIB, nous préférons un indicateur de développement humain. Cet
indicateur reflètera entre autres le bien-être, l’éducation, la santé, les liens sociaux, la
qualité de l’environnement, l’épanouissement personnel et collectif.
Osons cette audace : changeons le prisme de la pensée et de l’engagement
politiques. ! Le développement humain donne du sens à l’action politique.

Chers amis,

Le développement humain, c’est notre nouveau modèle, il demande du changement.
Il implique des réformes radicales. Engager le développement humain, c’est
mobiliser toutes nos énergies dans trois grandes directions.

Première direction : investir à la base du développement humain, à la racine.
L’éducation, la famille, l’émancipation, la libération de la créativité et du talent. De la
naissance à l’âge adulte, chaque enfant – chaque enfant ! – doit être stimulé,
encouragé, soutenu à donner le meilleur de lui-même. Le développement humain,

c’est l’apprentissage de la responsabilité, celle de se prendre en main, d’être des
femmes et des hommes debout. Apprendre certes, réfléchir surtout. Offrir les
instruments aux jeunes pour qu’ils puissent se découvrir. Cassons le déterminisme
social. Stimulons le volontarisme pour débusquer et faire éclore les talents !
C’est là, la mission impérieuse et fondamentale de l’école.

Ce projet est possible. Dans ma région, une école technique et professionnelle a
multiplié les initiatives pour personnaliser le parcours des élèves, connecter l’école
au monde de l’entreprise, moderniser les équipements, créer des débouchés. Un
directeur engagé, soutenu par son pouvoir organisateur, a mobilisé une équipe
pédagogique entreprenante. Ensemble, ils ont dépassé les contingences, les clichés,
les inerties, pour offrir à ses jeunes étudiants une vraie passerelle pour l’avenir. Et
leur donner une image positive de soi, un bagage pour entrer dans la vie avec plus
d’assurance.

Le développement humain – deuxième direction – c’est un acte pour reconstruire la
confiance, celle qui donne l’envie de faire des projets et de donner à ces talents
dont je viens de parler, de leur donner de quoi s’épanouir. Aujourd’hui, la fiscalité
pèse plus sur les activités qui contribuent au bien-être collectif, le travail en
particulier. Par contre, elle épargne les activités qui lui sont nuisibles, comme les
activités polluantes ou spéculatives. Ce cercle vicieux, nous devons le brîser.
Parce qu’aujourd’hui, tout le monde, travailleurs et allocataires sociaux, tout le
monde se sent floué. Ce climat de défiance, il est insupportable, stigmatisant
et tout simplement paralysant.

Notre combat : un nouveau pacte fiscal qui valorise le travail, qui simplifie le
système, le rend praticable et compréhensible par tous. Notre fiscalité doit être en
cohérence avec nos objectifs politiques. Non à la rage taxatoire des uns et non à la
complaisance des autres à l’égard de la spéculation. Des entreprises qui bénéficient
d’immenses avantages fiscaux alors qu’elles jettent des travailleurs à la rue, c’est
une honte. Des PME créent de la valeur humaine mais elles n’ont pas les moyens de
se payer des consultants en fiscalité. C’est injuste et antiéconomique. Aujourd’hui, il
existe une quarantaine de niches fiscales différentes dans l’impôt des sociétés. Notre
proposition : simplifions le dispositif et abaissons le taux d’imposition en le fixant à
25% (c’est la moyenne européenne) contre 33,99% actuellement. Voilà un signal fort
que nous voulons envoyer à toutes celles et ceux qui entreprennent.

La troisième direction, c’est la fraternité, le respect, le goût de vivre ensemble et le
partage. Une étude récente a démontré que l’altruisme, le bénévolat, l’ouverture aux
autres réduisent le risque d’infarctus ! Franchement, fallait-il faire une étude pour
arriver à cette conclusion ? Evidemment que prendre du temps pour les autres, c’est
bon pour le coeur !
Le développement humain, c’est une sécurité sociale qui relève et encourage la
participation. C’est pouvoir compter sur le soutien de tous pour donner le meilleur de
soi et participer pleinement à ce projet commun. Nous devons plus que jamais
soutenir les volontaires et le monde associatif, par une charte qui valorise leur rôle
irremplaçcable. Ces femmes et ses hommes unissent les maillons de la chaîne
humaine.

Pour créer ces liens humains, nous devons aussi organiser autrement notre territoire.
Aujourd’hui, trop de centres-villes et de villages se vident. L’habitat s’étale le long
des grand-routes. Des centres commerciaux sont construits en périphérie. Résultat ?
Le coût pour les pouvoirs publics, pour équiper les voiries et les logements sur des
distances toujours plus longues, explose. Mais surtout : les habitants ne se
connaissent plus. Des villages entiers sont devenus de simples dortoirs. De vivre-
ensemble, on ne parle plus.
Pour renforcer les liens utilisons mieux les espaces vides au sein des villes et des
villages. Offrons aux communes, rurales principalement, la possibilité et la souplesse
d’aménager et de remembrer leur territoire, pour revitaliser les centres des villages,
des quartiers et des hameaux ! Et de le faire, s’il vous plait, dans un dialogue de
qualité avec l’ensemble des habitants.

Le développement humain, c’est aussi un horizon international. Notre parti porte
dans ses gènes, au plus profond de lui-même cette conviction puissante que
l’Europe est notre plus bel horizon politique. Nous voulons une Europe de la
créativité, de l’innovation et du talent. Notre Europe, elle rassemble, en un projet
partagé, la fraternité et l’esprit d’entreprendre. Elle refuse la tentation des extrêmes
et des replis sur soi. C’est une Europe proche, humaine, une Europe qui pèse aussi
sur la scène internationale.

L’Europe doit cesser de courir derrière les nouveaux géants. Elle doit défendre avec
force les valeurs qui l’ont construite et les poursuivre jusqu’au bout. Cette nouvelle
Europe a besoin d’élan, sur le plan social et environnemental par exemple. Oui,
imposer une correction sur le prix des biens importés qui ont été produits au
détriment du développement humain, c’est défendre ce modèle européen. C’est
aussi inciter le restant du monde à converger vers nos exigences en matière de
respect de l’homme et de la nature. C’est tirer toute l’humanité vers le haut. C’est
respecter chaque être humain, chaque citoyen du monde.

***

Chers amis,

Des forces conservatrices freinent les évolutions de la société.

Elles sont puissantes. Elles dessinent un nouveau clivage qui n’oppose plus la droite
et la gauche, mais qui distinguent ceux qui choisissent l’avenir de ceux qui gèrent un
héritage. Si j’entends les uns, le responsable de la crise, ce serait la droite, si
j’entends les autres, ce serait la gauche. Vous savez quoi ? Ils ont tous les deux
raison : c’est la gauche et la droite.

Souvenez-vous de ce qu’ils ont fait lorsqu’ils étaient ensemble (exclusivement
ensemble). Souvenez-vous des conclaves budgétaires où ils ont dilapidé les fruits de
la croissance des années 2000. Souvenez-vous aussi de leurs oublis : réforme des
pensions, réforme de la justice…
Pas de vision, pas d’anticipation des défis démographiques.
Nous rejetons les conservatismes de droite comme de gauche. Le conservatisme de
ceux qui défendent les privilèges économiques des plus favorisés et veulent faire
payer le coût de la crise aux plus fragilisés. Le conservatisme de ceux qui
s’accrochent à un modèle social qui patine, et qui stigmatisent ceux qui créent de
l’activité économique. Vouloir faire porter par les autres le poids des réformes ne
suffit pas à faire un projet politique. Opposer les employeurs aux travailleurs, les
jeunes aux aînés, les enseignants aux parents, ce n’est pas un projet de société.

Le développement humain est fondé sur la participation et la collaboration de tous,
personnes et associations, jeunes et aînés, chercheurs et entrepreneurs,
indépendants, ouvriers et employés, artisans et artistes, agriculteurs et
consommateurs, professionnels des soins de santé, fonctionnaires, magistrats,
enseignants, éducateurs, personnels des services de sécurité…
c’est comme cela –
ensemble – que nous construirons un avenir humain.

Dans les prochaines semaines, nous lancerons une opération baptisée IDéesH, pour
faire émerger des idées nouvelles, pour semer le développement humain.
IDH, c’est l’Indice de développement humain des Nations-Unies, conçu comme
alternative au PIB. En donnant ce nom à notre opération, nous donnons un signal
fort : pour changer notre modèle de développement, nous devons changer la
manière dont nous le mesurons.
Cette opération sera un formidable moment de débat ouvert à tous. Elle permettra à
chacun d’entre vous, à tous nos militants, mais également à tous les citoyens de se
réapproprier le débat politique, de fixer des perspectives. Avec un but, celui
d’identifier d’ici la fin de l’année des propositions innovantes. Ces propositions seront
au coeur de nos programmes pour les élections régionales, fédérales et européennes
de l’année prochaine. Nous irons chercher ces idées sur le terrain (…).

L’opération IDéesH sera organisée autour des thèmes-clés de notre projet. Je
ne vous donne ici qu’un exemple, celui de l’allongement de la vie. Aujourd’hui,
on parle surtout des conséquences pour les finances publiques. Pourtant le « coût »
des pensions et des soins de santé n’est que la partie visible de l’iceberg.
L’allongement de la vie, c’est surtout un enjeu qui va toucher les familles dans leur
quotidien. C’est une chance bien sûr, de pouvoir vivre plus longtemps. Mais
beaucoup d’entre nous, malheureusement, deviendront un jour dépendants. D’autres
devront s’occuper de leurs parents, tout en élevant leurs enfants et en travaillant à
temps plein. L’exigence du développement humain, c’est d’apporter des solutions
pour soutenir les familles au quotidien, développer les services aux personnes, pour
soutenir les métiers du coeur.

Le champ d’action qui est devant nous est large. Nous travaillerons aussi, entre
autres, sur la mobilité, sur la maîtrise du temps et des rythmes de vie, sur les
réseaux d’énergie et de communication, sur les gisements d’emplois et les nouvelles
activités économiques, sur la protection de la nature…
Nous aborderons chacun de
ces thèmes avec ce supplément d’humanité qui nous pousse à voir au-delà des
seuls enjeux matériels. Nous imprimerons la marque orange, celle de l’humanisme.

Dès demain, je serai avec vous, sur tous les terrains, loin sans doute du concert
médiatique et des petits coups politiques qui font l’actu, mais au coeur des réalités.
Ensemble, nous irons à la rencontre de ceux qui partagent notre volonté d’agir, pour
enrichir notre projet de toutes leurs idées et propositions.

Pour réussir cela – je le dis avec énormément de fierté en voyant votre mobilisation,
nous ne manquons pas de ressources :

• Merci pour votre force de travail. Vous étiez près de 200 délégués de vos
arrondissements au pré-congrès à Namur, et aujourd’hui, plus d’un millier ici à
Louvain-le-Neuve.
• Notre ancrage local, l’engagement de nos mandataires nous donnent de
magnifiques leviers d’action.
• Le Cepess, notre centre d’études, nous a formidablement aidé à préparer ce
congrès, et les services du parti seront plus que jamais à vos côtés dans les
prochains mois.
• Et surtout, il y a vous, et tous ceux qui nous ont rejoints ces derniers mois pour
partager notre projet humaniste.
***

Chers amis,
Je ne vous ai pas invités ce matin pour scruter l’avenir dans une boule de cristal. Je
ne vous inviterai pas non plus le 1er mai pour un défilé de majorettes suivi d’un
barbecue. Je ne vous invite pas à venir crier haro sur les patrons en entonnant des
chants de lutte hérités d’un passé révolu.

Ce que je veux faire avec vous, c’est agir ! Et concentrer notre effort et notre
programme d’action sur l’essentiel ! L’homme, son envie de créer, son besoin
de nouer des liens, sa soif d’absolu. Le cdH d’aujourd’hui et de demain agit sur
les leviers qui développent l’être humain et renforcent l’humanité. L’éducation
pour révéler les talents, la fiscalité juste qui crée la confiance pour
entreprendre et le goût de l’autre pour mieux vivre ensemble.

Je vous parle avec gravité, en pensant à chacune de ces personnes et de ces
familles qui connaissent aujourd’hui des situations difficiles, inhumaines : la perte
d’un emploi, la faillite d’une entreprise, l’échec d’un projet professionnel, la précarité
matérielle, le mal-être qui en résulte, les conséquences sur la santé, sur la vie privée.

Ensemble, refusons la fatalité. Il n’y a qu’un avenir, c’est celui que nous construirons.
Je ne vous propose pas l’aventure inconsidérée. Pas le statu quo, non plus. En
septembre 2011, je vous invitais à oser un projet radicalement humain. J’ai voulu que
ce projet vienne de vous. C’est mon intime conviction : notre parti, le cdH est moteur
de changement. Et ce changement peut être porté par chacun, personnellement.
C’est notre raison de faire de la politique, c’est notre engagement militant.

Je compte sur vous, pour oser, pour sortir des sentiers battus. Ce sera facile ? Non.
Confortable ? Non plus. Mais cette espérance, nous la construisons sur un
engagement. Oui, nous n’avons qu’une responsabilité, celle de nous retrousser les
manches. Travailler, tracer ensemble un nouveau chemin, ouvrir une nouvelle voie.
Nous devons faire du développement humain, notre référence absolue, dans l’action
politique et dans notre propre vie, comme citoyen, militant, mandataire,
parlementaire, ministre.

Ne soyons pas de ceux qui retiennent leur respiration en attendant que ça passe.
Soyons créateurs de changements ! Soyons le changement !
A vrai dire, je trouve cela passionnant, stimulant, exaltant. (Pas vous ?)
Nous sommes le parti proche de toutes ces personnes qui portent des projets, petits
ou grands, et qui tracent le sillon de notre avenir. Nous encouragerons toutes ces
idées, qui essaiment, qui créent et qui font grandir des poches de bonheur.

Au poing levé, je préfère la main ouverte, tendue vers l’autre et qui indique le cap.
Agir, c’est d’abord convaincre et rassembler.

Vous êtes venus, par centaines, de Wallonie, de la Communauté germanophone, de
Bruxelles et de sa périphérie. Vous êtes venus, ce matin, donner un message fort ! A
l’inquiétude, à l’angoisse de l’avenir, vous êtes venus opposer la foi en l’Homme, la
détermination et l’audace, la créativité et la confiance. Vous avez raison ! L’Histoire,
avant de pouvoir la lire dans les livres, il faut l’écrire.

Alors, écrivons-là !

Merci !

Benoît Lutgen
*****

Un projet pilote important avec le TEC qui reliera Marche – Liège en passant par Neupré !

Bonne nouvelle pour Neupré, le TEC prépare une phase test !

A la demande du GAL (Groupe d’Action Loal), une étude et un important travail ont été réalisés avec le TEC pour améliorer l’offre de transport dans les communes du GAL et innover dans les solutions proposées. Trois représentants des composantes du TEC s’étaient déplacés à Tinlot pour la circonstance. Ils se sont relayés pour expliquer les enjeux, la complexité et les contraintes de l’organisation d’une mobilité durable en milieu rural.

Le coût moyen au TEC est de 3,97€ du Km mais nettement plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain.. Le prix payé par le client ne couvre que 30% des frais ; 80% des habitants ont un bus à moins 600 mètres de chez eux. D’un point de vue environnemental, il faut 11 personnes dans un bus pour dégager moins de Co2 que par un transport en voiture. Il faut en permanence trouver un équilibre entre l’accessibilité (nombre d’arrêts bien répartis), le taux de couverture (fréquence des passages) et la « charge écologique ». Cet équilibre doit de plus être atteint avec un coût qui ne doit pas augmenter dans une zone de 95 habitants par km2.
C’est en tenant compte de tous ces paramètres qu’un projet pilote se dégage au niveau du GAL parmi les solutions imaginées. Il comprend une ligne rapide directe Marche-Liège en passant par Neupré (avec l’université et le CHU au Sart-Tilman) et des lignes « hiérarchisées » complémentaires. Ces correspondances vers Huy, Hamoir et les différentes communes seraient plus rapides que les lignes actuelles mais sans doute avec des arrêts regroupés. Un exposé passionnant, chiffré, illustré en prise directe avec les situations rencontrées. Ce projet doit maintenant être finalisé et testé. Les autres questions ont porté sur l’utilisation de navettes plus petites, le transport de vélos, la manière de compter les passagers, la sécurité, la vitesse des bus ressentie par les riverains dans les villages…

Le MR incite les non-Neupréens à ne pas respecter la Loi !

Pour rappel, l’article 1er de la loi du 19 juillet 1991 (et arrêté royal du 16.07.1992) relative aux registres de la population et aux cartes d’identité impose à toute personne de s’inscrire dans les registres de la Commune où elle a établi sa résidence principale et ce dans les huit jours de son établissement sous peine de sanctions pénales.
La détermination de cette loi se fonde sur une situation de fait, c’est-à-dire que l’on constate que la personne séjourne effectivement dans la commune durant la plus grande partie de l’année.
Cette constatation s’effectue sur base d’éléments tels que le lieu que rejoint la personne après le travail, les consommations de gaz, d’électricité, les frais de téléphone, etc.
voir ICI
Il a été fait grand cas d’un arrêt du Conseil d’Etat, prétendument défavorable à la Commune de Neupré sur base de sa mauvaise interprétation par l’opposition. (il s’agit de l’arrêt no 99.385 du 2 octobre 2001 consultable sur le site du Conseil d’Etat).
Tout d’abord cet arrêt reconnaît « que la taxe litigieuse est, à l’instar des autres impôts, destinée à faire face à l’ensemble des dépenses de la commune; qu’elle y contribue dans une mesure appréciable; que dès lors que l’objectif principal d’une taxe est d’ordre budgétaire, rien ne s’oppose en principe à ce qu’elle poursuive également des objectifs accessoires, non financiers comme par exemple inciter les seconds résidents à fixer leur résidence principale dans la commune; »

Ensuite si le Conseil d’Etat motive que l’objet premier – c’est qu’il y en a d’autres – de cette taxe est de frapper un objet de luxe dont la possession démontre dans le chef du redevable
une certaine aisance et qui ne revêt pas un caractère de nécessité comme l’exercice d’une
activité professionnelle ou la possession d’une première résidence, il n’annulera pas le règlement taxe qui définit en son article 2 la notion de « seconde résidence », à savoir « tout logement privé, autre que celui qui est affecté à la résidence principale, dont les usagers ne sont pas inscrits au registre de population à titre de résidence habituelle et dont ils peuvent
disposer à tout moment, en qualité de propriétaire ou d’occupant à titre onéreux ou
gratuit, qu’il s’agisse de maisons de campagne, de bungalows, d’appartements, de
maisons ou maisonnettes de week-end, ou de plaisance, de pied-à-terre ou de tout autre
abri d’habitation fixe, en ce compris les caravanes assimilées aux chalets ».

C’est donc pour de justes motifs (politiques et juridiques) que la majorité de Neupré a considéré que les résidants de maison de repos qui refusent de s’y domicilier, alors qu’ils y ont leur résidence principale, sont taxables comme « ayant une » seconde résidence.

N.B. : ci-dessous le comparatif de diverses taxes neupréennes devant inciter à s’y domicilier par rapport aux Communes dont sont originaires la plupart des résidents de nos maisons de repos.

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